Le Mercosur consolide sa position de leader en tant que principal producteur de soja. C’est dans ce contexte que s’est organisé le MERCOSOJA, organisé pour la 2ème année consécutive, la ville de Rosario (Argentine). Ce centre stratégique pour l’exportation du soja, a accueilli entre le 27 et le 30 juin 2006, le IIIème Congrès du Mercosoja auquel ont assisté plus de 1000 participants réunissant ainsi producteurs, experts, conseillers et chercheurs de la filière soja.
Ce congrès avait pour objectif d’améliorer la production du soja et développer sa commercialisation. C’était est également une première étape dans la préparation du Congrès Mondial sur le soja, prévu en Chine en 2009.
Les thèmes abordés : bilan et perspectives des pays producteurs de soja, marchés émergents, biocarburants, nouveaux outils liés aux biotechnologies...
Une trentaine d’activistes écologistes sont venus perturber l’ouverture du Congrès, dénoncant les conséquences des activités des multinationales, à l’initiative des organisations impliquées dans la rencontre pour la biodiversité et contre le modèle agro-exportateur du soja, baptisée « Faim et soja 2006 » qui se tenait en marge du Congrès. Une dizaine d’organisations sociales et environnementalistes, ainsi que des chercheurs, des agronomes... ont participé à ce contre-sommet.
Face aux critiques lancées par les militants écologistes, Rodolfo Rossi, président de l’Acsoja (assoication organisatrice du Congrès) a déclaré « qu’avant de parler de distribution des richesses il fallait créer cette richesse » Il poursuit en déclarant que la filière soja remplit ce rôle dans la mesure où 300 000 emplois directs ont été créés.
Le secrétaire à l’agriculture de la province de Santa Fe s’est rallié à son opinion en précisant « qu’il était important que cette culture se développe selon une politique de diversification et de respect des ressources naturelles et humaines qui l’entourent. »
Le chiffre de 300 000 emplois créés avancé par le président de l’Acsoja n’est confirmé dans aucune étude et il reste toujours aussi difficile d’obtenir des informations précises à ce sujet. En revanche, les pertes d’emplois agricoles dans cette culture sont importants. Une étude menée par la Fase (étude O grao que desceu demais, Sergio Schlesinger, sept. 2005) montre qu’entre 1985 et 2004, alors même que la production brésilienne de soja passait de 18 millions de tonnes à près de 50 millions, le nombre d’emplois pour cette culture chutait de 1.694 millions à 350 000.